Les contes de la Lune noire
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Et si derrière les faits se cachait une autre vérité...
 
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 La serendipité de la marmotte

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Reine des damnés
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MessageSujet: La serendipité de la marmotte   Mer 30 Déc - 22:39

Chapitre 1

Il était une fois, au pays de Mardorzel, une petite marmotte nommée Eleanor. Celle-ci n'avait encore que quelques printemps et se préparait en cette fin d'automne pour les mois d'hibernation qu'elle allait passer, avec sa famille, dans leur cocon de terre. Tout était prêt pour l'arrivée de l'hiver: chacun avait stocké des réserves de graisse pendant les mois passés et préparé son coin du terrier pour son repos saisonnier. Quand l'hiver arriva, Eleanor et toute sa famille prirent place dans l'hibernaculum. Chacun d'entre eux sombrait lentement dans un sommeil profond qui devait durer plusieurs semaines. Le calme se fit dans l'abri, les respirations se firent inaudibles, les corps immobiles; Eleanor, comme les autres s'endormit paisiblement.
Le moment de l’hibernation ne laisse aucun souvenir dans la mémoire de ceux qui la pratique. C'est alors qu'Eleanor se réveilla, au milieu de ses proches, ravie d'être pour une fois la première à sortir de ce coma saisonnier. De nature débonnaire, la jeune marmotte entreprit de rapporter de la nourriture à sa famille qui n'allait pas tarder à sortir de sa torpeur elle aussi. Mais lorsqu'elle pointa son museau hors du terrier, elle fut tétanisée par le monde extérieur: l'hiver n'avait pas encore laissé la place à la douce saison, elle s'était réveillée trop tôt. Eleanor commença à paniquer: "Combien d'avance ai-je sur les autres?", "Que vais-je bien pouvoir faire en attendant leur réveil?". Tandis que, recroquevillée sur elle-même, elle cherchait une explication rationnelle à son avance sur ces congénères; elle remarqua qu'aucune de ses réserves de graisse n'avait été brûlée au cours de son hibernation. Eleanor se rendit alors compte qu'elle s'était juste endormi et n'avait pas suivi sa famille dans le processus d'hibernation. "Comment cela est-il possible? Que faire pour hiberner moi aussi? Vais-je donc devoir passer l'hiver éveillée et seule?". Eleanor, encore sous le choc de sa découverte, décida de partir à la rencontre d'autres animaux, s'il y en restait qui, comme elle, avaient manqué l'hibernation.
Une fois dehors, l'agressivité de la saison hivernale la tétanisa comme une claque violente. Partout où elle posait les yeux tout était blanc et stérile, comme si toute vie avait été effacée par un long voile de neige. Elle lança un long cri de plainte, espérant par cela appeler d'éventuels animaux. Mais la seule réponse qu'elle eut en retour fut l'écho de sa propre voix. Elle courut désespérément entre les arbres dénudés et les rochers recouverts de neige. Eleanor se retrouva alors devant une caverne. Le seuil de la grotte était parsemé d'os à demi rongés: le repaire d'un ours vraisemblablement. La jeune marmotte se rappela soudain que les ours, contrairement à ce que tout le monde disait n'hibernaient pas. Mais si elle entrait dans la tanière, elle avait de grandes chances d'être dévorée. "Mais de toute façon si je ne trouve pas de solution je vais mourir de froid et de faim" se dit-elle. Prenant son courage à deux pattes, elle pénétra dans la caverne.
Eleanor distingua tout de suite la silhouette de l'ursidé qui mâchonnait paisiblement un morceau de viande séchée. "Ouf, il a déjà quelque chose à manger" se dit-elle en soupirant. Elle l'appela :
"Bonjour Seigneur Ours. J'ai un gros problème et grand besoin d’aide.
-Quoi! Une marmotte? Mais que fait eu hors de ton hibernaculum? demanda l'ours en grognant.
-C'est bien ce que je me demande, je suis la seule hibernante à ne pas hiberner, c'est un comble tout de même! Pourriez-vous m'aider?
-Je ne sais pas quoi te dire, jeune marmotte. Peut-être devrais-tu aller demander conseil au Père Noël qui est en ce moment-même sur le mont Calvaire, en train de préparer Noël.
-Merci quand même, Seigneur Ours, je vais aller le voir."
Sur ce, Eleanor entreprit le voyage jusqu'à la montagne, bien décidée à découvrir le mystère de son étrange éveil.




Chapitre 2


La marmotte arpenta avec ses petites pattes congelées la pente du mont Calvaire sans rien voir de spécial. L'ours l'aurait-il mal renseignée? Ne dit-on pas des ours qu'ils sont individualistes, ne se souciant guère de leurs proches? Un fort sentiment de désespoir submergea alors la marmotte. Elle dut s'agripper fort à sa détermination et à sa curiosité. "Qu'ai-je donc fait pour mériter cela?" Un tremblement de terre fit frissonner les flocons."La terre deviendrait-elle folle ?" se demanda l'infortunée. Alors quatre bâtons blancs se dressaient devant elle. Quand elle leva les yeux, elle se reçut de la neige qui ne cessait de tomber mais également elle vit un mufle imposant, celui d'un renne.
Rodolf était le renne le plus capricieux, il ne pouvait rester en place. Parfois lors des soirées qu'il jugeait trop longues, il volait et ce soir du 24 décembre c'était le cas. Avant son travail, il appréciait de voler sans contrainte, quand il vit une espèce de boule informe sur la neige, il crut rêver. Quand la marmotte lui raconta son histoire, il rit tellement qu'il faillit en écraser le petit animal. Lui se roulait dans la neige, animé comme d'un spasme qui n'en finissait pas. Il refusa de la mener au père qui avait, sans la blesser, autre chose à faire qu'aider les gens.
« Mais... mais il donne tellement de cadeaux... ne peut-il rien faire pour moi ?
- Le Père Noël n'est qu'un homme, petite boule de poil. Si tu as des réclamations de ce genre va voir quelqu'un d'autre. »
Dans une cheminée fumante, le Père Noël grognait, il allait devoir gâter des enfants pas sages pour continuer d'exister. De moins en moins de personnes croyaient en son existence, il se devait de baisser ses exigences. Ce n'était pas par orgueil, mais les enfants bouchaient la cheminée pour ne pas avoir froid... à moins que ce soit pour lui montrer leur déception...Il n'en savait rien et mieux valait ne pas en connaître la raison.
Alors qu'il songeait à tout cela, l'étoile de son sapin scintilla trois fois. Le Père Noël soupira, prit l'étoile et la jeta au sol. Entourée d'une fumée blanche, un homme barbu émergea en toussant.
« Tu as encore des doutes papi, dit Jésus
- Oui….. Pourquoi continuer à gâter des enfants qui ne croient plus en moi, qui demandent des cadeaux à leurs parents, pourquoi dis-moi... ? »
Jésus s'abstint de tout commentaire, il avait été en froid à un moment avec le Père Noël suite à un différend. Jésus n'avait pas trop apprécié que l'on le crucifie mais que le Père Noël on l'honore, question de logique selon lui. Depuis que de moins en moins de personnes croyaient, subitement, ils étaient comme des frères se tenant la main. A toute chose, malheur est bon comme on dit si bien... Depuis sa fenêtre, il vit une lumière rouge briller...
« Rodolf a encore pris le fil de l'air... Excuse-moi Jésus, reste au chaud...
- Mais je suis déjà m... »
Jésus n'eut pas le temps de finir sa phrase que l'homme à la forte constitution et au manteau rouge partait en s'exclamant:
« Pourquoi faut que tu t'y mettes aussi, Rodolf! Tu veux qu'on soit en retard ! Pourquoi n'es-tu pas attaché à l'attelage au lieu de...
- Bonjour, salua Eleanor. Bonjour Père Noel ! »
La neige s'arrêta tranquillement comme si elle suivait l'étonnement du vieil homme. Sa cabane apparut alors nettement, elle n'était plus entourée par le brouillard...




Chapitre 3

Les deux hommes se tournèrent vers le rongeur d’un air interloqué : il ne l’avait ni vue ni entendue entrer cachée derrière le colossal Rodolf. Eleanor se fit toute petite (autant que faire se peut quand on est déjà minuscule) et entonna d’une vois claire mais chevrotante :
« Excusez-moi de vous déranger en cette veille de Noël, grand bienfaiteur des sages bambins, mais voilà : j’ai un grave problème. Voyez-vous, je n’ai pas réussi à hiberner comme tous mes semblables. Sauriez-vous ce qui se cache derrière cette exclusion ? Pourriez-vous m’aider à y remédier ? »
Le Père Noël et Jésus se lancèrent un regard puis partir tous deux dans un fou rire incontrôlable et se lancèrent des vannes du genre : « Rhhooo c’est trop triste comme histoire !!! » ou bien « La poooovre pitite marmotte, elle est toute seule au mondeeuuhh !!!! ». Chacune de ses phrases accroissaient le fou rire des deux –décidément !- incapables icônes. Eleanor, agacée par tant de sarcasme et de mépris leur lança :
« Vous n’êtes vraiment que deux malotrus insensibles et méchants !! Je vais me débrouiller toute seule !! »
Les deux hommes redoublèrent d’hilarité, tous les deux terrassés par le pathétique rongeur : « Oh comme elle est énervée la pitite marmotte !! », « Regarde Jésus! Elle est toute rouge! On dirait une pitite framboise !! ». Eleanor, pleurant de rage, partit en courant de la cabane en bois. Rodolphe la rattrapa bien vite et s’excusa de la réaction de jésus et du Père Noël : ils ne sont pas vraiment méchants mais ils ont tellement peu l’occasion de rire, qu’ils en font trop à chaque fois…..
« Mais elle n’est pas drôle mon histoire!! Je suis toute seule jusqu’au mois de mars !! Et personne ne peut m’aider !! Je vais mourir de faim et de froid !! » hoqueta la jeune marmotte en pleurs. La pauvre Eleanor était désespérée : il n’y avait donc personne pour l’aider ? Elle lança un regard implorant au renne qui semblait plongé dans une intense réflexion. Soudain, il baissa les yeux vers Eleanor et lui dit :
« Tu sais, je connais quelqu’un d’autre qui pourrait peut-être te renseigner, mais j’aime mieux te prévenir tout de suite : il n’est pas commode !!
-Qui est-ce ? demanda la marmotte en séchant ses larmes.
- Je ne connais pas son véritable nom mais par ici, on l’appelle le Grinch. Il vit dans une caverne en haut de la montagne, je peux t’y conduire si tu veux.
-Oh merci Rodolf !! Allons-y immédiatement !! »
Le renne aida Eleanor à grimpe sur son dos et commença son ascension du mont Calvaire. La neige avait repris sa chute-signe que le Père Noël avait calmé son fou rire-, alors la marmotte se pelotonna contre son amicale monture. Grâce à celle-ci, ils arrivèrent bien vite à la tanière de ce fameux Grinch. Eleanor descendit du dos de Rodolf et se dirigea d’un pas altier vers la lourde porte en bois et frappa par trois fois. Une grosse voix caverneuse répondit à cet appel :
« Quoi !! C’est pour quoi ?? Foutez-moi la paix je ne veux voir personne !! » gronda-t-elle.
Le renne se racla la gorge et tonna :
« C’est moi, Rodolf, ton copain de beuverie! Je suis venu accompagné d’une jeune personne qui voudrait solliciter ton aide, tu es le seul qui puisse l’aider » (Rodolf sait pertinemment que le Grinch est mégalomane).
La porte s’ouvrit avec un long grincement (signe que le propriétaire ne recevait pas souvent des invités) et les deux compères entrèrent dans la taverne – oups ! Pardon, « caverne » !-. Eleanor découvrit à l’intérieur ce qui semblait être un immense dépotoir, et au centre de cette déchetterie trônait une créature poilue et verte qui les regardait avec un regard courroucé. Sans s’encombrer de politesse, le Grinch leur fit :
« Alors, c’est pour quoi ? J’ai pas que ça à faire moi, j’ai plein de méfaits de Noël à accomplir.
-Bonjour, messire Grinch, commença Eleanor, mon problème est que je n’ai pas réussi à hiberner cette année et je me demande bien pourquoi.
-Ah, c’est tout ? gronda l’abominable homme vert de la caverne.
-Eh bien, c’est déjà beaucoup je trouve, moi ! pesta la marmotte.
-Laisse-moi réfléchir un peu….Rodolf, sers-nous un cognac en attendant ! »
Le renne s’empressa d’obéir à la demande du Grinch tandis qu’Eleanor regardait celui-ci qui méditait. L’être poilu et vert fronçait les sourcils (enfin ce qu’elle imaginait être des sourcils, avec tous ces poils désordonnés c’était difficile de savoir vraiment). D’un coup, il se leva en souriant comme un dément :
« Eurêka !! Tu dois être possédée par un démon !!
-Un démon ??? demanda Eleanor, interloquée.
-Je ne vois que ça pour expliquer ce mystère. Maintenant, reste à savoir ce que veut ce démon. Tu devrais aller voir la sorcière vaudou qui vit en bas de la montagne, elle pourra certainement t’aider !
-Euuhh…… d’accord……Je vous remercie pour votre……précieuse aide, messire Grinch. »
Evidemment, Eleanor ne portait pas grand intérêt à réponse de cet étrange personnage, mais la sorcière était certainement plus perspicace. Elle s’empressa de prendre congé du Grinch et quitta la caverne, accompagnée une fois de plus par Rodolf, qui, à ce qu’elle pouvait constater, n’avait pas bu qu’une seule chope de cognac. C’est ainsi qu’ils firent le chemin inverse pour rejoindre le seuil de la montage et consulter la grande sorcière vaudou, Freya……..




Chapitre 4


En descendant en bas de la montagne alors que Rodolf faisait un bruit épouvantable, la marmotte réfléchissait si tout cela était l'oeuvre d'un démon... Pourquoi elle? La nouvelle mode serait-elle d'ensorceller les marmottes aux enfes ? Rodolf avait quant à lui tellement bu son cognac que son pas était lourd. Ses pensées étaient néanmoins claires, c'était avec une précision presque infaillible qu'ils arrivèrent chez la sorcière vaudou. La caverne loin d'être lugubre était illuminée de partout et, sur le chemin on pouvait lire « Venez chez moi, Freya ne vous effrayera pas. Mieux elle vous guérira ! ». Rodolf regardait le panneau publicitaire avec autant de banalité que s'il faisait partie d'un décor familier.
Eleanor n'osait imaginer Rodolf dans cet endroit, lorsque le renne commença à lui dire que le Père Noël l'avait envoyé ici en cure de désintoxication. Il en était ressorti sain malgré lui alors il fallait bien qu'il reprenne ses beuveries avec le Grinch de manière plus fréquente. Cette cure lui avait rappelé qu'il ne pouvait se passer de la boisson. La marmotte fit semblant de l'écouter ; après tout, tout le monde riait bien d'elle, elle commençait à en avoir assez. Surtout que le sommeil la rongeait et qu'elle n'avait plus tellement de patience. Elle regrettait son nid douillet avec une affection particulière comme si une partie d'elle était restée couchée là-bas à l'attendre.
Ils virent une ombre se peindre sur une paroi de la caverne qu'éclairaient des torches au mur. L'ombre vacillait au rythme des pas de sa propriétaire. Elle se rétrécit jusqu'à devenir une femme très jeune, une jeune enfant qui alla accrocher une boule de Noël à un arbre mort devant le repaire de Freya. Quand elle vit le duo, elle laissa sa boule dans la neige et s'en retourna par où elle venait.
« Attendez, Freya !
-Chut, tu ne vois pas que ce n'est pas Freya ?! Ce n'est qu'un larbin qu'elle embauche pour l'aider à décorer, elle n'aime pas décorer mais aime que sa maison soit belle » dit Rodolf.
La marmotte opina puis ils rentrèrent en prenant garde de ne rien bousculer dans l'arrangement de la maison de Freya. La marmotte, consciencieuse remit une pierre qu'elle avait bougé tandis que Rodolf avec ses bois retirait toutes les guirlandes à son passage. Quand ils arrivèrent devant Freya la marmotte le disputait allégrement.
« Silence ! rouspéta à son tour Freya. Que me vaut le plaisir de te voir Eleanor?
-Je... (Elle connaît mon nom ? Oua trop forte la sorcière!)
- Allez ne sois pas muette, tes amis dorment mais toi tu es réveillée que je sache » encourageait Freya.
La marmotte craqua, éclata en sanglots sur le bas de la robe de Freya en la suppliant de la délivrer, de la laisser hiberner et de supprimer ce démon...
« Là elle fait vraiment possédée moi je dis ça comme ça, se moqua le renne gentiment.
- Eleanor, l'heure est grave.. Redresse-toi car déjà tu es petite. (Rodolf sourit) Voilà c'est un peu dur à avaler mais je suis ta... mère et ton père est celui qui hante ton hibernation : Satan qui t'a retrouvée...
Eleanor ne dit rien, mais sa bouche complètement ouverte attestait de sa profonde surprise. Vu le ton qu'elle employait, elle n'avait pas l'air de plaisanter la vieille...
« Pas cool, commenta Rodolf.
- ... J'ai voulu te transformer en marmotte pour que tu ne connaisses pas le sort affreux réservé aux filles de Satan...Cette année-ci, le sort a du capoté pour l’hibernation. Pour preuve de ce que j’avance, regarde dans ta patte droite au cinquième orteil sur l'aile gauche, tu y verras une forme ressemblant à une faucille... Bien à présent regarde mon épaule... »
Freya présentait le même symbole, Eleanor était obligée ou presque de la croire à moins qu'elle ne lui ait jeté un sort à son arrivée pour qu'elle ait cette marque. Elle n'avait jamais prêté une grande attention à sa patte arrière qui comme son nom l'indiquait n'était pas sous ses yeux...
« Mais alors que faire ? » déplora Eleanor.




Chapitre 5

La jeune marmotte était totalement sous le choc : toute sa vie, la vérité de sa nature lui avait été dissimulée. Comment avait-elle pu ne pas deviner qu’elle était une marmotte particulière ? Cette marque étrange, maintenant elle s’en souvenait, avait toujours été là ! La fille de Satan et d’une sorcière vaudou, rien que ça ! Freya lui répondit :
« C’est à toi de décider. Tu peux décider de rester une marmotte ; auquel cas, j’effacerais de ta mémoire la conscience d’être un antéchrist et provoquerais ton hibernation. Tu peux décider de rester avec moi et tenter de renverser le Prince des Ténèbres. Ou sinon…….. Tu peux aller rejoindre ton père en Enfer où tu deviendrais probablement l’une de ses associées. »
Eleanor était torturée par le doute : n’était-elle pas heureuse en tant que marmotte depuis sa naissance ? D’un autre côté, la perspective d’être initiée à la sorcellerie et de vivre aux côtés de sa véritable mère lui semblait enviable. Quand à rejoindre à Satan, cela ne lui disait rien qui vaille, elle n’avait jamais eu de goût pour le crime. La jeune marmotte jeta un regard suppliant à Freya, qui s’était postée devant la cheminée en attente de la réponse d’Eleanor, et lui annonça :
« Je ne pourrais jamais oublier que vous êtes ma mère. Je souhaiterais rester vivre avec vous, si vous le voulez bien. »
La sorcière sourit avec un air tendre, claqua dans ces doigts et souffla en direction de la marmotte. Eleanor sentit tout son corps qui s’engourdissait : ses pattes s’allongèrent puis devinrent des jambes et des bras humains, des cheveux d’un rouge éclatant lui poussèrent sur le sommet du crâne. La jeune fille se tourna vers un miroir, placé à côté de l’entrée de la grotte, et s’admira dedans. Eleanor avait devant elle une magnifique jeune fille nue d’environ 16 ans, qui lui souriait avec ses grands yeux noirs. Freya lui apporta une robe de velours –qui semblait étrangement lui aller parfaitement, comme si elle avait été cousue pour elle. C’est alors que le feu dans la cheminée crépita et qu’une forme y apparut. La jeune fille distingua un visage d’homme, un homme à la peau rouge et cornu qui lui lança :
« Ah, je suis heureux de te retrouver ma chérie. Comme tu es belle !
-Ne t’approche pas, Satan ! intervint Freya. Eleanor a fait son choix, elle reste avec moi !
-Mais rien n’est jamais figé ma chère, elle peut toujours revenir vers moi.
-Il n’en est pas question ! cria le jeune fille. Je ne suis pas une mauvaise mar…euh fille. Je ne veux ni de l’Enfer, ni du Diable !
-Si tu n’es pas mon alliée, tu es mon ennemie, et mes ennemis je les écrase sous mes pieds fourchus !
Satan sortit de l’âtre et se tint debout devant Freya, Eleanor et Rodolf : il était vraiment immense et très effrayant. Il s’avança vers sa fille, la main tendue, mais celle-ci se déroba et se couvrit le visage de ses bras. Comment allaient-ils s’en sortir ?? Alors que la jeune fille sombrait dans le désespoir, une personne fit son apparition dans la caverne. C’était le Grinch ! Il semblait avoir dessaoulé et avançait fièrement vers Satan :
« T’en as pas assez d’effrayer les jeunes filles, vieux filou ?
-Ah ah, Jack ! ca faisait bien longtemps !!! » répondit le Diable.
Le Grinch entreprit des raconter aux trois autres, qui semblaient ébahis, la raison de ces familiarités. Jack Faëry avait été un employé de Satan pendant plusieurs années. Mais au bout d’un certain temps, révolté par le comportement et les aspirations du Diable, il avait démissionné. Or, on ne quitte pas l’entreprise du mal sans séquelles : Satan, pour se venger de ce départ, avait lancé une malédiction sur Jack, le couvrant de cette infâme fourrure verte, qui lui avait valu par la suite le surnom de « Grinch ». Il venait ici pour demander réparation et pour empêcher Eleanor de commettre la même erreur que lui.
« J’ai entendu toute votre conversation. Satan, nous te combattrons jusqu’à la mort !
-Voyez-vous ça ! répondit le Diable en souriant de tous ses crocs.
Jack le Grinch, aidé de Rodolf, se rua sur Satan, lui faisant perdre l’équilibre (ainsi qu’à tous les deux, en fait). Le renne s’assit sur le Diable pour l’empêcher de bouger. L’abominable bonhomme vert sortit d’on ne sait où une fiole en verre et annonça :
« Vois-tu, Satan, je ne fais pas que boire en haut de ma montagne ! cela fait bien longtemps que je chercher un moyen de t’anéantir et j’ai enfin trouvé cette potion. C’est un mélange d’eau bénite, de coriandre et de cognac : il te réduira en cendres en un rien de temps. »
Le Grinch, ouvrit la fiole et versa tout son contenu dans la gueule béante de Diable (encore sous le choc de sa chute).
Celui-ci fut aussitôt pris de spasmes violents. De la fumée lui sortit des orifices et il poussa un long râle d’agonie. Une minute plus tard, du Diable, il ne restait plus qu’un tas de poussière, une paire de cornes et des sabots fourchus.
Satan, était mort, le Grinch en rit encore.



Epilogue

Le pied d’une montagne, un ruisseau qui cascade, tel est la cadre de l’issue de cette fable. Freya a quitté sa grotte illuminée et vit désormais avec sa fille Eleanor dans une chaumière, près d’un chêne centenaire. Le Grinch alias jack Faëry, redevenu normal, vit avec elles, vu qu’il vient d’épouser la jeune Eleanor. Il ne touchera plus jamais une goutte d’alcool. Rodolf, le fidèle renne, a quitté le service du Père Noël pour devenir guide touristique, lui qui connait si bien la montagne. Saint Nicolas quand à lui, tient désormais un bistrot, appelé « La Chope Joyeuse ». Jésus, quant à lui, a reprit le travail de maître de l’Enfer, où il fait d’ailleurs du bien meilleur boulot que le défunt Satan.
La morale de ce conte est qu’un renne saoul reste toujours un bon compagnon, qu’il ne faut pas sous-estimer les marmottes et que la mauvais humeur d’un troglodyte cache souvent un grand cœur.

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La serendipité de la marmotte
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